jeudi 28 mai 2009

vendredi 8 mai 2009

Il faut que le service public travaille

L'évaluation sur critères quantitatifs des services publics est à la mode. 
Elle est un des principes de la réforme des services publics en France. 
Il est instructif pour le citoyen de voir certains effets pour le public... c'est à dire pour lui.

A l'université: il faut plus de diplômés.

L'évaluation quantitative (proportion d'inscrits en première année obtenant un diplôme) est appliquée à l'université. Une bonne université est celle qui délivre des diplômes en quantité suffisante. Peu importe le niveau des étudiants. Un bon enseignant est celui qui produit des diplômés,
Peu importe si le diplôme perd toute valeur parce qu'il est distribué ou vendu.
Selon l'agence Chine nouvelle, l'université de Toulon (IAE) s'est fait prendre la main dans le sac en augmentant ses quotas de diplômés (contre monnaie sonnante et trébuchante) grâce des diplômes délivrés à de vrais faux étudiants chinois (diplômés mais non francophones). Le Monde confirme. D'autres universités pourraient être concernées.
tant que cela ne se sait pas, tout le monde est content. Les nouveaux diplômés qui pourront devenir cadres supérieurs dans leur pays, les français qui ont touché des commissions, l'université qui maintient son effectif d'étudiants exigé par le ministère, les services français qui mesurent la progression du français dans le monde...

A la gendarmerie: il faut plus de PV

L'évaluation quantitative est appliquée déjà aussi dans certains départements par la gendarmerie et les pandores doivent revenir le soir avec leur quota de PV délivrés aux automobilistes. On appelle cela des indicateurs d'activité. (sic). Mieux vaut ne pas rouler à cette heure-là. Mais c'est vrai. Il serait scandaleux de payer des gendarmes qui ne servent à rien.

A l'hôpital : il faut plus d'actes médicaux

On peut se demander s'il sera prudent, après l'adoption de la loi qui transforme les hôpitaux publics en PME avec obligation de résultat, d'aller consulter en décembre un service de chirurgie qui n'aurait pas rempli son quota annuel. On risquera bien de repartir avec une prescription chirurgicale, même si on est en bonne santé. Et si on a un cancer, mieux vaut choisir soi même le bon service dès maintenant. Tout patient rapporte au service qui le traite. Donc un servie a intérêt ¡a avoir le plus possible de patients, même s'il n'est pas le plus indiqué pour la pathologie à soigner.
Les médecins sont contents. L'hôpital aussi. Il prouve qu'il a un taux d'activité acceptable. La situation est depuis peu la même pour les établissements qui reçoivent des personnes dépendantes.

A l'armée : Il faut plus de morts

Les bonnes idées n'ont pas de frontières. Le Président colombien Uribe attribue des primes aux militaires pour chaque guérillero tué. En bonne logique, les chiffres officiels de pertes humaines dans les FARC ont monté. Mais ce sont souvent ce qu'on appelle des faux positifs, jolie expression pour dire qu'on enlève et qu'on assassine un "jeune des banlieues",  qu'on lui met un uniforme et qu'on transporte son cadavre dans une zone de conflits avec la guérilla pour pouvoir déclarer un mort de plus. 
Les chiffres officiels de pertes des FARC montent, le ministère de la Défense et le Président sont contents, les militaires aussi. Ils touchent une prime.

Morale de l'histoire
Pourquoi faut-il que quelquefois la justice mette son nez dans ces affaires.
Il s'agit seulement de la gestion saine des affaires publiques, non?
Et chez nous, en France, on est sur la bonne voie, non?
Pas à l'armée mais ailleurs...

mardi 28 avril 2009

Emigration, immigration, identité nationale.

Appelons-le Moussa. Moussa n'a pas d'âge. Une bonne soixantaine. Il surveille les présentoirs de vêtements bon marché dans une rue de Brooklyn. Moussa vient du Burkina Faso. Il habite a New York depuis 23 ans. Il est fier de sa réussite. Il a pu mener ses deux fils aux baccalauréat, en Afrique, alors que lui n'a aucun diplôme. Moussa est content d'habiter aux Etats Unis. A aucun prix il ne voudrait émigrer en France. Quand il était en région parisienne, un noir a fait circuler une fausse coupure de 200 francs. La police a arrêté tous les noirs du quartier, les a mis en garde à vue pendant 48h et Moussa a été libéré sans un mot d'excuse.
"Ici, dit-il, si tu ne touches pas aux choses interdites, jamais tu ne vois la police. Je le sais, je suis là depuis 23 ans".
Un débat occupe le même jour les pages nu New York Times. Dans certains comtés du Sud des Etats Unis on ose vérifier les papiers de séjour des étrangers lors d'enquêtes policières consécutives à des délits.
Le journaliste a dû ne jamais assister à des vérifications d'identité au faciès dnas le RER parisien, aux pays des droits de l'homme....
La même semaine, le même New York Tines attaque la bureaucratie de l'immigration qui finit par nuire à l'attractivité du pays et va détourner des immigrants de s'installer aux Etats-Unis. IL cite l'histoire d'un des jeunes génies de Google, obligé de vivre au Canada parce que le visa d'entrée est refusé à son épouse.  Cela nuit à l'image du pays.
Les USA n'auraient-ils aucun sens de l'identité nationale? On pourrait leur envoyer un ministre pour les aider


dimanche 19 avril 2009

Universités et narcos

Paradoxalement, au Chili, les étudiants de milieu aisé, s'ils suivent leur scolarité  secondaire dans des établissements privés, gagnent l'université publique après le baccalauréat. Ils y ont les meilleurs professeurs, pour des droits d'inscription plus faibles, et peuvent même profiter de bourses.
Suivant un trajet inverse, les étudiants d'origine modeste ont fait leur scolarité secondaire dans les public. Leurs résultats ne sont pas toujours excellents au baccalauréat et ils vont dans ce cas dans des universités privées.
Un cas particulier de ces universités privées, qui non loin de Santiago peuvent accueillir jusqu'à 40 000 étudiants est le cas des universités financées par les narcos et qui servent au lavage de dollars.
 Des bâtiments flambants neufs sortent de terre, les professeurs y sont payés bien plus cher que dans le public, et les droits d'inscription peuvent toujours être offerts par des fondations bienveillantes pour les nécessiteux. Le résultat est que des dizaines de milliers d'étudiants reçoivent des diplômes sans aucune valeur, mais que des millions de dollars peuvent être lavés.
En fin de compte, l'université finit par jouer le même rôle que le motel qui permet les amours clandestines. Comme personne ne paye par chèque dans les motels, nombre de motels servent, avec des factures fictives à laver l'argent de la drogue. Certaines universités aussi.
Mais qu'on ne dise pas que l'université est un bordel....