L'évaluation sur critères quantitatifs des services publics est à la mode.
Elle est un des principes de la réforme des services publics en France.
Il est instructif pour le citoyen de voir certains effets pour le public... c'est à dire pour lui.
A l'université: il faut plus de diplômés.
L'évaluation quantitative (proportion d'inscrits en première année obtenant un diplôme) est appliquée à l'université. Une bonne université est celle qui délivre des diplômes en quantité suffisante. Peu importe le niveau des étudiants. Un bon enseignant est celui qui produit des diplômés,
Peu importe si le diplôme perd toute valeur parce qu'il est distribué ou vendu.
Selon l'agence Chine nouvelle, l'université de Toulon (IAE) s'est fait prendre la main dans le sac en augmentant ses quotas de diplômés (contre monnaie sonnante et trébuchante) grâce des diplômes délivrés à de vrais faux étudiants chinois (diplômés mais non francophones). Le Monde confirme. D'autres universités pourraient être concernées.
tant que cela ne se sait pas, tout le monde est content. Les nouveaux diplômés qui pourront devenir cadres supérieurs dans leur pays, les français qui ont touché des commissions, l'université qui maintient son effectif d'étudiants exigé par le ministère, les services français qui mesurent la progression du français dans le monde...
A la gendarmerie: il faut plus de PV
L'évaluation quantitative est appliquée déjà aussi dans certains départements par la gendarmerie et les pandores doivent revenir le soir avec leur quota de PV délivrés aux automobilistes. On appelle cela des indicateurs d'activité. (sic). Mieux vaut ne pas rouler à cette heure-là. Mais c'est vrai. Il serait scandaleux de payer des gendarmes qui ne servent à rien.
A l'hôpital : il faut plus d'actes médicaux
On peut se demander s'il sera prudent, après l'adoption de la loi qui transforme les hôpitaux publics en PME avec obligation de résultat, d'aller consulter en décembre un service de chirurgie qui n'aurait pas rempli son quota annuel. On risquera bien de repartir avec une prescription chirurgicale, même si on est en bonne santé. Et si on a un cancer, mieux vaut choisir soi même le bon service dès maintenant. Tout patient rapporte au service qui le traite. Donc un servie a intérêt ¡a avoir le plus possible de patients, même s'il n'est pas le plus indiqué pour la pathologie à soigner.
Les médecins sont contents. L'hôpital aussi. Il prouve qu'il a un taux d'activité acceptable. La situation est depuis peu la même pour les établissements qui reçoivent des personnes dépendantes.
A l'armée : Il faut plus de morts
Les bonnes idées n'ont pas de frontières. Le Président colombien Uribe attribue des primes aux militaires pour chaque guérillero tué. En bonne logique, les chiffres officiels de pertes humaines dans les FARC ont monté. Mais ce sont souvent ce qu'on appelle des faux positifs, jolie expression pour dire qu'on enlève et qu'on assassine un "jeune des banlieues", qu'on lui met un uniforme et qu'on transporte son cadavre dans une zone de conflits avec la guérilla pour pouvoir déclarer un mort de plus.
Les chiffres officiels de pertes des FARC montent, le ministère de la Défense et le Président sont contents, les militaires aussi. Ils touchent une prime.
Morale de l'histoire
Pourquoi faut-il que quelquefois la justice mette son nez dans ces affaires.
Il s'agit seulement de la gestion saine des affaires publiques, non?
Et chez nous, en France, on est sur la bonne voie, non?
Pas à l'armée mais ailleurs...