dimanche 19 avril 2009

Universités et narcos

Paradoxalement, au Chili, les étudiants de milieu aisé, s'ils suivent leur scolarité  secondaire dans des établissements privés, gagnent l'université publique après le baccalauréat. Ils y ont les meilleurs professeurs, pour des droits d'inscription plus faibles, et peuvent même profiter de bourses.
Suivant un trajet inverse, les étudiants d'origine modeste ont fait leur scolarité secondaire dans les public. Leurs résultats ne sont pas toujours excellents au baccalauréat et ils vont dans ce cas dans des universités privées.
Un cas particulier de ces universités privées, qui non loin de Santiago peuvent accueillir jusqu'à 40 000 étudiants est le cas des universités financées par les narcos et qui servent au lavage de dollars.
 Des bâtiments flambants neufs sortent de terre, les professeurs y sont payés bien plus cher que dans le public, et les droits d'inscription peuvent toujours être offerts par des fondations bienveillantes pour les nécessiteux. Le résultat est que des dizaines de milliers d'étudiants reçoivent des diplômes sans aucune valeur, mais que des millions de dollars peuvent être lavés.
En fin de compte, l'université finit par jouer le même rôle que le motel qui permet les amours clandestines. Comme personne ne paye par chèque dans les motels, nombre de motels servent, avec des factures fictives à laver l'argent de la drogue. Certaines universités aussi.
Mais qu'on ne dise pas que l'université est un bordel....